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Les Ateliers participatifs

Les Ateliers Participatifs

Les 8 ateliers de diagnostic stratégique participatif se sont déroulés à la faculté de Médecine de Marrakech. L'animation était assurée par des cadres de la commune urbaine de Marrakech et 5 animateurs fournis par Thalys.  Sont résumés ici les comptes rendus en langue arabe des ateliers. Ce résumé ne pourra rendre compte qu'imparfaitement de la richesse des débats et de la liberté de ton qui les a caractérisés.

 

Animation socioculturelle et sportive et mobilisation de la société civile

Trois thèmes ont été traités l'animation socioculturelle, l'animation sportive et la mobilisation de la société civile. Beaucoup d'intervenant ont insisté sur les infrastructures culturelles et sportives qui sont insuffisantes, inégalement réparties entre arrondissements et quartiers, certaines mal localisées, d'autres insuffisamment équipées. Les infrastructures n'ont pas suivi la croissance de la population urbaine.

Les représentants de la société civile ont insisté sur la faiblesse de celle-ci malgré un nombre élevé d'associations. La société civile est encore insuffisamment structurée, peu professionnalisée, avec un faible encadrement, n'arrive à mobiliser que des moyens encore modestes.

Il y a quasi-unanimité à reconnaître la faiblesse de la concertation au sein de la société civile et entre celle-ci, la commune et les autres institutions. Certains intervenants ont regretté l'absence de transparence dans l'allocation des subventions aux associations. D'autres ont insisté sur la nécessité d'une convention cadre à établir entre la commune et la société civile. Beaucoup d'intervenants ont insisté sur l'importance de la place Jamaâ El Fna, le symbole qu'elle représente, sa richesse culturelle son patrimoine immatériel qui n'a pas encore fait l'objet d'un relevé scientifique susceptible d'en assure la conservation et la diffusion. Certains regrettent la prédominance des activités de restauration qui, si la tendance continue, risquerait de défigurer cette place.

Beaucoup d'intervenants ont regretté la faiblesse des activités sportives de la ville alors qu'il existe une demande importante de la part d'une population jeune qui cherche des activités dans lesquelles elle peut se réaliser. Un large accord s'est dégagé reflétant l'opinion d'une majorité de participants. Concernant les trois thèmes discutés les principales problématiques se présenteraient comme suit :

a) Mobilisation de la société civile :

  1. Encadrement et structuration insuffisants ;
  2. Faiblesse des moyens matériels et des subventions;
  3. Concertation et partenariat insuffisants.

b) Culture :

  1. Contenu culturel insuffisamment maîtrisé ;
  2. Infrastructures insuffisantes et inégalement réparties ;
  3. Insuffisance de la concertation et du partenariat.

c) Sports :

  1. Insuffisance des infrastructures dans les quartiers ;
  2. Insuffisance de la formation et de l'encadrement ;
  3. Insuffisance de la concertation et du partenariat.

 

Les problématiques concernent majoritairement l'insuffisance des infrastructures, de la concertation et du partenariat entre les opérateurs et notamment entre ceux-ci et la Commune, de l'encadrement des activités et  de la qualification du personnel des opérateurs publics ou privés.

 

Développement économique et promotion de l'emploi

Cet atelier s'est ouvert en présence d'une quarantaine de personnes. La croissance de la population de la ville est passée de 676 000 en 1994 à 843 575 en 2004, que la population active est passée de 252 000 à 314 000, le taux de chômage de 19% à14%. La structure de l'emploi est caractérisée par l'importance des services et la faiblesse des industries. Entre 2003 et 2009, les investissements à l'intérieur du périmètre urbain se sont élevés à 45, 5 milliards de Dh dont 23 milliards dans le tourisme.

Les débats sur la situation dans trois secteurs, l'artisanat, l'industrie et la promotion de l'emploi ont abouti à la synthèse suivante :

Les points forts : Existence de plusieurs plans de développement (artisanat,  tourisme)  nombreux organismes touristiques et tours operateurs

Les points faibles : Absence d'une zone industrielle aux normes internationales, faiblesse de la gouvernance, absence de site Internet.

Contraintes : Transports publics (taxis), bureaux d'information, faiblesse de la signalisation touristique, marchés non structurés, zones industrielles et commerciales vulnérables.

Potentialités : Ville attractive, aéroport international, autoroutes vers le Nord et le Sud.

Des inquiétudes se sont manifestées concernant l'ouverture des frontières avec l'UE et sur l'attractivité de la ville.

 

Urbanisme et aménagement du territoire

L'atelier s'est ouvert le mercredi 07 juillet en présence de 58 personnes.   La ville subit une forte pression démographique avec une hétérogénéité de l'évolution des divers secteurs urbains, une différenciation dans le développement du territoire, des variations importantes  dans les densités démographiques. Concernant l'évolution de la ville, on ne sait pas très bien ce qu'on veut : Une croissance autour de la Médina, à l'intérieur du périmètre urbain, hors de celui-ci ?

Selon certains intervenants, l'urbanisme est le reflet d'une stratégie. On peut se demander quelle est la vocation de Marrakech comme pôle touristique et si effectivement la ville s'est donnée les moyens de cette vocation. Marrakech, devrait-elle lier son sort au tourisme ou devrait-elle œuvrer pour diversifier ses vocations ? La compétitivité internationale de la ville dépend de la fourniture de services de qualité internationale avec la nécessaire valorisation du patrimoine historique jusqu'à présent sollicité uniquement de façon nostalgique. S'agissant de l'absence de documents d'urbanisme, on peut se  demander si c'est effectivement, il y a absence  ou occultation, tant le recours aux dérogations a été la règle. Il est ainsi essentiel de trouver un projet social à travers une vision stratégique. La ville fonctionne encore sur le SDAU de 1995 alors qu'elle approche du million d'habitants. La problématique essentielle résiderait dans l'absence de stratégie de mise en œuvre des plans d'urbanisme d'où le retard dans les équipements. Plusieurs contraintes existent dont la voirie et le transport qui pourtant disposent d'un programme dans le plan développement urbain (PDU) 2030.

Il faut sauver la Médina car c'est l'âme de la ville. La palmeraie subit une forte pression urbaine et il faudrait sauvegarder le secteur irrigué des environs de Marrakech afin de diversifier l'économie de la ville. Le SDAU propose de créer un centre agricole à l'Oudaya où existe déjà un périmètre irrigué ainsi qu'un centre à la fois religieux, artisanal et touristique à Tamesloht et un autre à Sidi Bou Othman. Il est temps de mettre fin à l'extension du périmètre urbain.

Pour préserver Marrakech, il faudrait aider à la croissance des centres urbains voisins. Il y est nécessaire de penser le PCD en coordination avec les communes voisines. On devrait reconsidérer notre vision du patrimoine. La législation concernant ce dernier qui date de 1943 et 1945 est peu appliquée et a besoin d'être rénovée. Il faut soutenir la proposition de création d'une agence chargée de la Médina.

D'autres interventions ont porté sur les inondations, l'artisanat, l'absence de mosquées dans 40 % des nouveaux lotissements. La médina serait un point noir selon certains habitants car les constructions menacent de s'écrouler. Pour conserver la médina, il faudrait ouvrir des voies, mettre à niveau les installations d'eau et d'électricité, d'évacuation des eaux etc. Il a été aussi question longuement des restructurations, de leur lenteur et de leur faible efficacité. M'hamid fait partie de la ville de Marrakech mais n'a pas d'infrastructures.

A propos de l'aménagement du territoire, certains intervenants ont insisté sur le fait que les arrondissements ne disposent pas de plans d'aménagement à l'exception d'Annakhil et du Méchouar-Kasbah. Le Patrimoine architectural ne saurait être privatisé, il doit continuer à relever de l'Etat. L'installation des panneaux publicitaires, l'éclairage et la distribution d'électricité devraient respecter le patrimoine source de revenus.

Cinq propositions ont été formulées par les participants:

  • Unifier la vision stratégique en matière d'urbanisme avec les autres intervenants ;
  • Réaménager les textes et les appliquer ;
  • Les projets et équipements publics doivent suivre les plans de développement ;
  • Coopérer avec  les villes satellites afin qu'elles puissent participer à la réduction de la pression démographique sur Marrakech ;
  • Une place plus importante doit être donnée au patrimoine architectural dans les plans de développement.

 

Environnement urbain et développement durable

En présence d'une quarantaine de personnes, l'atelier s'est déroulé durant toute la journée du mercredi 7 juillet 2010. Le présentateur a traité pas moins de 16 thèmes : les jardins publics, les oliveraies, la palmeraie, la pépinière communale, les déchets solides et les déchets liquides, les transports urbains touristiques, les déplacements, l'eau potable, les énergies renouvelables, la qualité de l'air, l'urbanisme et les espaces publics. Concernant les jardins publics, la commune dispose de 67 espaces d'une superficie de 281 ha. Ces espaces sont répartis de façon inégale entre les arrondissements. C'est ainsi que Guéliz dispose de prés de 64 % des superficies suivi de la Médina avec 18%, puis Menara (12%), SYBA (2%) et Annakhil (0,6%). Les oliveraies couvrent une superficie de 120 ha et dépendent de l'arrondissement de Guéliz. La palmeraie qui est classée Site d'Intérêt Biologique et Écologique est surtout menacée par l'extension de l'urbanisme et la forte baisse de la nappe phréatique.

La gestion déchets solides, a été confiée à la RADEEMA depuis 3 ans mais des contraintes portent encore sur le traitement des déchets hospitaliers et industriels et la collecte des gravats. Concernant les eaux usées, leur traitement est encore insuffisant et leur rejet a des conséquences sur la pollution de la nappe phréatique, il est question d'un taux de 60% de pollution. Concernant la pollution de l'air, la ville dispose de 3 laboratoires de mesure.

Concernant la communication, l'information et la sensibilisation sur l'environnement, on a constaté la faiblesse de la sensibilisation des populations qui proviendrait de la faiblesse de l'éducation environnementale, de l'absence de programmes locaux de sensibilisation. Les programmes environnementaux sont encore peu suivis par les populations. Les entreprises sont peu soucieuses de l'environnement.

Les sources de pollution : les 13 causes de la pollution ont entraîné la pollution des nappes, du sol, de l'Oued Tensift, la propagation de maladies, la dégradation de l'esthétique de la ville.

Pour l'aménagement et équipements des espaces publics, 11 causes de la dégradation des espaces environnementaux ont été recensées. Elles auraient entraîné 7 conséquences indésirables parmi lesquelles : la transformation d'espaces verts en points noirs, l'inégalité de la répartition des espaces verts, la réduction du nombre d'arbres dans les rues, des espaces verts non-conformes etc.

Pour la gouvernance environnementale, il y a eu deux constats : une gestion inappropriée et des défauts d'organisation. Ces derniers auraient 6 causes (absence de décrets d'application, difficulté d'appliquer les textes, absence d'effectivité de la police environnementale etc.). La gestion inappropriée des services serait due à l'absence de suivi, à l'inefficacité de la gestion déléguée des services, à l'inefficacité des institutions qui interviennent pour la protection de l'environnement. La faiblesse de la gouvernance environnementale a entraîné 7 conséquences parmi lesquelles l'inefficacité de la police environnementale, l'extension du désordre et de la délinquance, la faiblesse des services fournis aux citoyens.

Les points forts : une commune soucieuse de l'environnement, la palmeraie est une réserve d'espaces verts, un service chargé de l'environnement et l'existence de la charte nationale de l'environnement, de plusieurs programmes nationaux, de plusieurs institutions nationales et internationales qui se préoccupent de l'environnement, la coopération décentralisée et le jumelage.

Les points faibles : présence de douars à l'intérieur du périmètre urbain, des activités professionnelles polluantes, une répartition géographique inégale, une faible utilisation des espaces verts…) insuffisance des ressources en eau, menaces d'inondations, l'absence d'applications de certaines lois portant sur l'eau et les déchets solides.

 

 

Lutte contre l'habitat insalubre

C'est en présence de 33 personnes que s'est déroulé l'atelier qui a duré toute la journée. Depuis le début des années 1970, plusieurs programmes se sont succédés pour lutter contre l'habitat insalubre. Ces programmes se sont amplifiés depuis le lancement du programme villes sans bidonvilles. Des efforts importants ont été consacrés à la lutte contre les logements menaçant ruine notamment dans la médina.

Les débats ont porté sur l'ensemble des aspects objet de la présentation. Il y a eu certes l'accord de 2008 mais problème est resté entier. La situation des douars n'a pas varié. Si les populations concernées ont refusé de s'installer à Tamensourt, c'est à cause de l'éloignement de celle-ci du lieu de leur travail et de leurs familles. Il faudrait réévaluer la situation, envisager l'éventualité de la restructuration et abandonner le déplacement des populations. L'opération de lutte contre l'habitat menaçant d'effondrement a abouti à faire des populations concernées des sans-abri, l'arrondissement Ménara comporte 54 douars et il faudrait consulter la société civile. Il y a eu des douars qui ne pouvaient pas être restructurés et qui pourtant ont fait l'objet d'une décision de restructuration. Comme des projets de restructuration n'ont pas résolu le problème foncier, les bénéficiaires n'ont pas pu devenir propriétaires de leur logement.

L'habitat menaçant ruine est lié à la sauvegarde de la médina. Le déplacement des populations est un pis-aller. Des maisons de 15 m² ne peuvent servir d'habitation, de même, le statut foncier ne favorise pas la restructuration. Une commission devrait être chargée du déplacement des populations et ne plus laisser au seul Moqaddem le soin cette opération. Il y a urgence à lutter contre l'habitat insalubre pour mieux lutter contre la spéculation foncière.

Comme il y a des effets négatifs au déplacement, il faudrait s'attaquer aux causes de l'habita insalubre. A Annakhil, il y a manque d'infrastructures, les villas sont reliées à l'eau et à l'électricité alors que leurs voisins des douars qui en sont privés, utilisent l'eau des puits. Dans la médina la restructuration ne se fait pas dans des conditions appropriées, ce qui ne fait que retarder l'effondrement des maisons réhabilitées. La restructuration devrait permettre aux gens de rester sur place. Les centres d'accueil constituent un vrai problème. Les bureaux d'étude affirment que ces centres ne respectent pas les normes mais comment procurer un logement «convenable » à des gens sans moyens ?

Il y aurait 28 000 logements qui seraient insalubres. Comment arrêter ce mal ? Pour lutter contre l'habitat insalubre, il faut construire des immeubles et non fournir de lots de terrain. Il faudrait préparer rapidement un cahier des charges concernant les douars ayant bénéficié de restructuration. Comme la plupart des douars sont sur des terres habous, il sera difficile de les déplacer.

Les autorités devraient faire preuve de plus de transparence et de suivi. Les constructions dites anarchiques ne sont pas le fait de ruraux mais de citadins. Peut-être faudrait-il abandonner Tamensourt pour Chouiter ou Loudaya.

Pour les logements menaçant ruine, l'absence d'efficacité des actions réalisées aurait  4 raisons (les anciens fondouks n'ont pas été intégrés à l'opération de logements menaçant ruine, mauvaise utilisation des subventions, périodes de déménagement non appropriées, les maisons détruites ou évacuées sont transformées en point noirs.) L'inefficacité des mesures a eu 11 conséquences (faiblesse des subventions, le statut foncier ne facilite pas le réaménagement, il a été peu tenu compte de la valeur immatérielle de la construction à détruire, difficulté de maîtriser l'accroissement des familles habitants les logements menaçant ruine etc.

La problématique de l'opération ville sans bidonvilles réside dans la mauvaise conception de l'opération. On constate l'absence de coordination entre les intervenants, l'absence d'association de la société civile et des bénéficiaires, une connaissance insuffisante des douars, l'absence d'un suivi social, la difficulté des problèmes fonciers. Le déplacement des populations a été inefficace.

Les points forts (existence d'un cadre contractuel entre les intervenants, subventions, crédits garantis par l'Etat), des points faibles (faible coordination, faible gouvernance, foncier aménagé insuffisant, faible engagement des bénéficiaires, pas de programmation des actions, faible communication avec les bénéficiaires), des potentialités (existence de programmes nationaux, législation) et des contraintes (l'exode rural en provenance des communes avoisinantes, faiblesse des aménagements des villes satellites).

 

 

Les infrastructures et les déplacements urbains.

L'atelier a eu lieu le mercredi 07 juillet en présence de 47 participants. Le présentateur a traité de 7 thèmes : Le réseau d'approvisionnement en eau potable, le réseau électrique, le réseau des eaux usées, l'éclairage public, la protection contre les inondations, la voirie, et les déplacements urbains.

Voirie : Certains intervenants ont pointé l'état des trottoirs, la rareté des voies utilisables par les personnes à besoins spécifiques, la rareté de la signalisation touristique, l'absence de WC publics.

Éclairage public : certains quartiers comme M'hamid en sont peu pourvus, le mobilier est très hétérogène, ne reflète le cachet local.

D'autres ont insisté sur les disparités entre quartiers et arrondissement en matière d'infrastructures. Les inondations menacent des quartiers comme M'hamid et Sidi Ghanem plus que d'autres. Absence de planification et de concertation avec la société civile.

Les problématiques de l'eau résident dans la sécurité de l'approvisionnement, le traitement, le stockage et la distribution. La sécurité de l'approvisionnement n'est plus assurée. Le traitement pose problème du fait que les responsabilités ne sont pas clairement définies. La capacité de stockage est inférieure aux besoins. La distribution de l'eau souffre du fait qu'elle assurée par deux intervenants. Plusieurs fontaines dans les douars ne sont pas desservies. Le réseau est ancien et son rendement n'est pas satisfaisant.

L'assainissement liquide : Les problèmes proviendraient ici des infrastructures et de la stratégie et de la gouvernance. Les infrastructures sont insuffisantes dans certains douars. Il y aussi les faibles capacités des canalisations, le manque d'entretien, le non aménagement des petites rues. Les capacités de traitement ont été épuisées. Il y a des nuisances importantes provenant du réseau. Stratégie et gouvernance : Les infrastructures n'arrivent pas à suivre l'accroissement rapide de l'urbanisation, certaines orientations du plan directeur de l'assainissement n'ont pas été suivies, faible harmonisation avec les plans sectoriels, insuffisance de la supervision des travaux réalisés par les promoteurs.

Les risques d'inondation : Les problèmes proviendraient de la difficulté du traitement des berges, hors périmètre urbain à cause de problèmes fonciers, de l'absence de bassin d'accumulation des eaux pluviales, les canalisations deviennent insuffisantes, les eaux sont chargées de boue et de détritus. Les problèmes liés à la stratégie et gouvernance sont l'absence de coordination entre la commune et les intervenants locaux, du non entretien des khettaras, de la non application des recommandations et des études et de l'absence d'une stratégie commune de protection contre les inondations.

Voirie et déplacements urbains : Il y a des problèmes liés aux infrastructures et d'autres à la stratégie et gouvernance. Ceux liés aux infrastructures portent sur l'insuffisance des voies reliant les quartiers, l'enclavement du marché de gros, la rareté des voies cyclables, l'absence de souci d'esthétique dans l'aménagement des ronds-points, les difficultés d'évacuation des eaux pluviales, l'inachèvement des routes dans les nouveaux lotissements. Les problèmes liés à la stratégie/gouvernance portent sur l'extension des occupations de la voie publique, les équipements qui ne suivent pas l'accroissement démographique, la faiblesse de la supervision des travaux d'infrastructures dans les nouveaux lotissements. Les problèmes liés au transport urbain résideraient  dans l'absence d'encouragement du transport scolaire, l'emplacement de la gare routière, et le vieillissement du parc de véhicules.

Électricité et éclairage public : Problèmes de l'électricité liés à l'infrastructure : non approvisionnement des artisans, raccordement clandestin, ressources limitées, baisse de tension dans certains quartiers. Problèmes liés à la gouvernance/stratégies : prise de conscience insuffisante des consommateurs, le retard dans les restructurations des douars avec de longues attentes des habitants.

Éclairage public : absence d'efficacité énergétique, vieillissement du matériel, faiblesse des moyens d'entretien, pannes des instruments de commande, trop grande diversité des équipements, absence d'études de l'éclairage public et irrégularité de l'entretien.

 

La gouvernance locale

L'atelier a eu lieu le jeudi 08 juillet en présence de 36 personnes.

Les participants ont insisté sur le rôle de la société civile, des élus comme force de proposition. La gouvernance doit concerner tous les aspects de la vie locale. La gouvernance, c'est aussi la consultation des conseils d'arrondissement. L'absence de coordination entre le conseil communal et les services extérieurs a des conséquences négatives. Il n'y a pas de femmes vice présidentes alors que des femmes occupent des postes de responsabilité dans les arrondissements. La gouvernance est au service du citoyen. On constate une faiblesse dans le suivi de la gestion déléguée par le Conseil, déchets, et transport public notamment. On constate une coordination insuffisante ente le Conseil et les conseils d'arrondissement. Le service juridique fait face à l'important problème des conflits portés devant la justice et qui saignent les finances de la commune.

La gestion déléguée constitue un immense problème à cause de l'insuffisante maîtrise des cahiers de charge. Quelle valeur accorder à la gestion déléguée alors que le personnel et les équipements continuent de relever du Conseil ? Les subventions accordées aux arrondissements, sont soit insuffisantes soit données à des conditions trop contraignantes. Il faudrait insister plus sur le rôle des arrondissements comme acteur fondamental dans la gouvernance et sur le fait que l'on n'a pas donné assez de pouvoir aux organes des arrondissements en matière de la critique et d'investigation.

La gouvernance c'est aussi le partenariat, c'est mettre les citoyens au centre des préoccupations, mais le partenariat est encore éloigné dans la pratique. Il n'y a pas de cohérence en matière de réglementation entre la commune et les arrondissements. La gouvernance exige la communication. L'amélioration des relations permettrait d'éviter d'aller devant la justice. Une police municipale devient une nécessite pour assurer plus de sécurité. Qui est responsable de la coordination avec les acteurs ?

La coopération et le partenariat : La faiblesse de la coopération et du partenariat entre le conseil, les arrondissements, les services extérieurs et la société civile provient de la faiblesse des subventions, de la non exécution des textes sur le partenariat, de l'absence de précision des rôles des uns et des autres, de la faible association de la société civile aux projets de développement, de la faiblesse de la formation en matière de conception des projets. Les points forts résident dans la libération de l'initiative pour le partenariat, l'agenda 21, la création d'un service d'action sociale, l'INDH, l'existence d'un cahier des charges pour l'animation socioculturelle et sportive et la subvention des associations. Les faiblesses résident dans l'absence de mise en œuvre de certains partenariats et la faiblesse des moyens humains et matériels. Les opportunités : conditions politiques favorables, instruments juridiques, les conventions internationales signées et les opportunités de coopération internationales.

Le cadre contractuel : Pour la société Alsa les véhicules sont anciens, Alsa ne respecte pas le cahier des charges, les carburants utilisés sont polluants, peu ou pas de véhicules de réserve, des quartiers ne sont pas desservis. Concernant l'hygiène, on constate l'absence de suivi, la collecte des ordures est inégale selon les quartiers. Les coûts du service sont trop élevés par rapport au service rendu. Pour ce qui est de la RADEEMA, on constate l'absence de coordination avec la commune, la non mise à jour du cahier de charges et son adoption afin qu'il puisse être contraignant, l'absence de transparence dans la passation des contrats entre la RADEEMA et les citoyens, la qualité peu satisfaisante des services. Les points forts : amélioration de la qualité des services. Les points faibles : augmentation des coûts. Les risques sont environnementaux, politiques et portent aussi sur le non respect des critères écologiques dans la collecte des ordures. Les participants ont proposé de revoir la conception du cahier des charges, d'encourager des accords avec les compétences locales, la formation du personnel, la préparation de cahiers de charges modèles.

Les services communaux

Le constat : Le travail est instable, absence d'incitations, interférences de compétences entre services, changement des structures d'une législature à l'autre et entre arrondissements, absence d'un service d'état civile dans l'organigramme. Les points forts : unité de la ville, création de directions, nouvelle charte communale, regroupement des ressources et des moyens. Les points faibles : l'expérience encore récente de l'unité de la ville, chevauchement des responsabilités, difficulté d'appliquer les textes réglementaires. Les opportunités sont l'existence de ressources humaines variées, la volonté politique de modernisation de l'administration. Les propositions portent sur la restructuration au niveau des conseils et des arrondissements, l'élargissement de la coordination entre le Conseil et les arrondissements, la précision des compétences, la création au sein du Conseil d'une unité de coordination avec les arrondissements et d'autres institutions

La politique de proximité

Le constat : les services sont en deçà de l'attente des citoyens à cause de l'absence de coordination, de la faiblesse de la communication, de la faible qualité des services fournis, des structures administratives peu souples, Les points forts sont l'existence de cadres qualifiés, la conscience de l'importance du partenariat, l'existence d'infrastructures. Les points faibles sont l'absence d'instances de concertation. Les opportunités sont constituées par la nouvelle charte, l'INDH et la régionalisation élargie. Les propositions portent sur la réalisation d'un diagnostic des ressources humaines, l'ouverture de guichets de proximité, la création de canaux de communication avec les arrondissements et une plus grande ouverture du service d'information et communication.

 

L'accès aux services de base, la lutte contre l'exclusion et la vulnérabilité

L'atelier a eu lieu le jeudi 08 juillet en présence de 56 personnes.

Les interventions ont porté sur l'inefficacité de la lutte contre la mendicité, l'accès aux services qui devrait aussi porter sur la justice. Il y a eu  échec du microcrédit dans la lutte contre la pauvreté chez les femmes. Absence d'un observatoire pour suivre les problèmes sociaux, dégradation de l'état des hôpitaux et des centres de soins, surcharge des classes dans certains quartiers,  absence ou rareté des statistiques,  faible attention accordée aux personnes âgées, absence ou rareté de conservatoires de musiques, de colonies de vacances au profit des enfants pauvres.

Quelques uns ont signalé l'extension de la prostitution, l'accroissement des crimes, la faiblesse des équipements de sécurité, faible assistance à accès  aux services. Des écoles menacent ruine.

Services de base : Les problématiques soulevées: difficulté de communication entre certains quartiers, difficulté d'accès au logement social, complication des mesures de raccordement à l'eau potable, exclusion des associations de quartier au moment de la restructuration. Les nouveaux quartiers et ceux périphériques sont sous-équipés.

Les problèmes communs dégagés portent sur la corruption, la difficulté d'accès aux services fournis par l'administration, l'absence de règlements rigoureux de contrôle des services sociaux, la faible formation du personnel chargé de fournir les services sociaux, l'absence de gouvernance dans la gestion des affaires sociales. Pour ce qui concerne le secteur de l'éducation, les problèmes résideraient dans la couverture inégale en collèges et lycées, la surcharge des classes, la faible attention accordée par le Conseil à l'enseignement. On constate un recul dans la fréquentation des établissements de l'enseignement public.

Dans le secteur de la santé, les problèmes portent sur l'absence de soutien de la Commune aux personnes gravement malades, les hôpitaux sont insuffisants, rareté des dispensaires de vaccination des enfants. Il y a insuffisance du personnel et absence de sensibilisation à certaines infections graves comme l'hépatite ou les maladies sexuellement transmissibles.

Les problèmes liés à la sécurité : rareté des postes de police, quartiers inégalement couverts, dignité humaine et principes des droits de l'homme pas toujours respectés, zones d'insécurité. Les crimes, le vol, la consommation des drogues semblent en augmentation.

 

Aperçu sur les rencontres avec les arrondissements

Présentation

Les rencontres avec les arrondissements qui se sont déroulées à Marrakech du 23 au 27 août 2010 étaient destinées à améliorer le diagnostic participatif tel qu'il a été élaboré à partir de l'état des lieux préparé par les cadres du Comité technique (CT) et issu des ateliers thématiques des 7 et 8 juillet 2010. Un autre objectif visait à enrichir et préciser les résultats de l'atelier vision stratégique permettant ainsi aux représentants des arrondissements de s'exprimer sur ces orientations de contribuer à les affiner. Les séances ont été présidées par les présidents d'arrondissement et ont comporté, une présentation générale faite par monsieur Rachid Chriqi, un exposé sur la situation de l'arrondissement fait par un membre du CT et un autre par un élu de l'arrondissement suivis d'une discussion générale

 

Afin de mieux comprendre les développements qui vont suivre, quelques informations sur les arrondissements provenant du RGPH de 2004 sont données dans le tableau suivant :

Tableau 7 : Données démographiques des arrondissements

 

Arrondissement Superficies Population Ménages Densité/ha
Totale (ha) % construit   Total Moyenne  
Annakhil 7 478 53% 54 111 10 968 4,9 7
Guéliz 227 70% 173 101 37 030 4,7 763
Médina 570 56% 167 223 35 929 4,7 293
Ménara 6 060 38% 281 663 57 403 4,9 46
SYBA 690 65% 124 935 23 776 5,3 181
Ensemble 15 025 48% 801 033 165 106 4,9 53

 

Les chiffres précédents sur les populations ne comportent pas ceux de Méchouar/Kasbah, soit 22 111 habitants.

 

L'arrondissement de Guéliz

Après avoir replacé les rencontres avec les arrondissements dans le cadre général de la préparation du PCD, le présentateur a replacé l'arrondissement de Guéliz dans l'ensemble de la ville avant de donner les détails portant sur les spécificités de l'arrondissement à partir des huit thèmes qui ont été débattus lors des ateliers thématiques et qui sont rappelés ici :

  • L'animation socioculturelle et sportive et la mobilisation de la société civile ;
  • Le développement économique et la promotion de l'emploi ;
  • L'urbanisme et aménagement du territoire ;
  • L'environnement urbain et développement durable ;
  • La lutte contre l'habitat insalubre ;
  • Les infrastructures et les déplacements urbains ;
  • La gouvernance locale ;
  • L'accès aux services de base, la lutte contre l'exclusion et la vulnérabilité.

     

Infrastructures et déplacements urbains : Les taux d'accès à l'eau potable, à l'électricité et à l'assainissement sont presque partout proches de 90% sauf dans le quartier Izdihar où ce taux est aux environs de 50%. Guéliz détient 26% du kilométrage de la voirie et bénéficie de chaussées larges. Il dispose d'un parc de véhicules important. Il est bien pourvu en matière d'éclairage public même.

Environnement urbain : Guéliz n'a pas de spécificité particulière à faire valoir exception faite d'un risque plus grand de pollution atmosphérique suite à une intensité plus grande de circulation. Guéliz est bien pourvu en jardin publics.

Urbanisme et aménagement du territoire : Guéliz apparaît relativement bien loti même si des problèmes non négligeables subsistent parmi lesquels les vides qui représentent encore 30% de la superficie de l'arrondissement, la non application des prescriptions de spécialisation, l'hétérogénéité du bâti, l'absence d'intégration de l'architecture à l'environnement, l'absence de vision à long terme dans le développement de certains des nouveaux quartiers enfin le paysage architectural a besoin de plus d'unité.

L'habitat insalubre est présent dans l'arrondissement avec 20 douars habités par 1 291 habitants soit 15% de la population totale des habitants des douars à Marrakech.

L'accès aux services de base : L'arrondissement est caractérisé par la disparité entre quartiers. Des problèmes importants continuent de se poser dans le quartier Izdihar,  douar El Asker. Cependant Guéliz est l'arrondissement où le taux d'analphabétisme est le plus bas. Pour la santé, Guéliz est bien pourvu comparé aux autres arrondissements puisqu'il dispose de 3 hôpitaux et de 6 centres de santé.

L'animation culturelle et sportive : Guéliz est relativement bien pourvu en infrastructures et animation, même si au sein de l'arrondissement, on constate les disparités entre quartiers.

La discussion générale : Certains intervenants ont mis en doute les statistiques utilisées dans la présentation concernant Guéliz qui leur paraissent en deçà de la réalité, d'autres ont insisté sur les cahiers des charges de la gestion déléguée qui doivent être revus. On a soulevé le problème de l'absence de documents d'urbanisme, du secteur économique privé qui est insuffisamment structuré. Le problème des statuts fonciers constitue un obstacle au développement de la ville. La sécurité constitue, selon certains, un problème. Quelqu'un a insisté sur le problème de la lecture, la rareté des librairies et des boutiques où l'on peut accéder à des documents à lire en particulier pour les jeunes qui ont soif d'apprendre. Les nouveaux quartiers sont complètement dépourvus.

Par la suite, 3 commissions ont été constituées : Urbanisme et habitat insalubre, infrastructures et environnement urbain, accès aux services, vulnérabilité, animation socioculturelle. Parmi les remarques : absence d'étude sur le foncier, absence d'harmonie architecturale, absence de desserte de certains quartiers par le réseau d'assainissement liquide, nécessité de tenir compte du plan de transports urbains, insuffisance des infrastructures et du personnel sanitaire, surcharge des classes, vétusté des bâtiments, sous utilisation des espaces et structures sportives et culturelles, absence de communication entre la Commune et la jeunesse. On regrette l'absence de centres polyvalents et de centres d'hébergement pour les femmes. Le théâtre royal a besoin d'une mise à niveau logistique et de l'amélioration de l'encadrement. On souhaite la mise au point d'une politique culturelle, l'amélioration de la qualité de l'animation, la coordination entre le Conseil, l'arrondissement et les acteurs culturels.

L'arrondissement Annakhil

La rencontre a eu lieu le mardi 24/07/10 en présence d'une soixantaine de personnes .

Dans son exposé le présentateur a beaucoup insisté sur les disparités qui existent entre cet arrondissement et les autres et celles encore plus fortes qui existent au sein de l'arrondissement même d'Annakhil.

La présentation : Annakhil est l'arrondissement le plus étendu et par conséquent celui où la mise en place serait la plus coûteuse du fait de la dispersion des habitants. Annakhil ne bénéficie que de 9% du réseau routier de la ville alors que sa superficie représente 50% du total. Annakhil disposait de 6% des points lumineux en 2009. La palmeraie constituée en SIBE mais celle-ci est menacée. On y constate l'hétérogénéité du tissu urbain, la présence de nombreux douars, une forte densification urbaine dans la partie nord, la prédominance des terres habous, difficulté de maîtriser l'extension de l'habitat insalubre qui constitue un important problème avec 46 douars (2 955 ménages soit 33% des ménages des douars à Marrakech.) Annakhil comporterait 44% de logements dits « anarchiques », 64% des logements seraient desservis par le réseau d'eau potable, 63% celui de l'électricité, 45% à celui de l'assainissement liquide.

L'analphabétisme est élevé atteignant 47% (58% pour les femmes et 38% pour les hommes), le taux de vulnérabilité 22%. Grande disparité entre le quartier nord mieux pourvu et le quartier sud qui n'est nettement moins en matière d'éducation. Les taux de scolarisation n'atteindraient que 70% à Annakhil. Le taux de scolarisation des 6 à 11 ans serait de 70%.  Les taux d'accès à l'enseignement secondaire apparaissent aussi plus faibles qu'ailleurs puisque le taux de scolarisation des 12-14 ans serait de 56% ici et de 86% au niveau de la ville. On constate la rareté  des infrastructures socioculturelles et sportives leur mauvaise répartition territoriale et la faiblesse des activités.

Dans son exposé, la présidente a fréquemment évoqué les disparités entre l'arrondissement Annakhil et les autres, entre la partie nord et la partie sud de celui-ci. Elle a insisté sur les allocations insuffisantes en matière de ressources financières demandant qu'on tienne compte aussi de la superficie dans ces dotations. Il faudrait selon elle réexaminer le découpage de la ville en arrondissements. Les densités de population sont faibles à Annakhil alors pourquoi ne pas y envoyer les populations déplacées à Tamensourt ? Il est urgent de trouver des solutions au problème posé par le foncier dominé par le statut habous et domanial. L'arrondissement ne dispose pas d'établissement secondaire ni de moyens de transport scolaire. Il est urgent de désenclaver les douars, de doter tous les habitants d'eau et d'électricité et de les relier au réseau d'assainissement liquide.

Discussion : Des intervenants ont soulevé le problème de la corruption, celui des comportements déviants de la jeunesse, nécessité pour l'arrondissement d'attirer des investisseurs, de développer l'artisanat, de concrétiser la protection contre l'Oued Issil et de l'éclairage qui est limité aux quartiers riches.

 

L'arrondissement Ménara

La rencontre a eu lieu le 25/08/10 en présence d'une soixantaine de personnes.

Présentation : En matière d'infrastructures, on constate d'importantes disparités entre les quartiers. C'est ainsi que Hay el Hassani et Azli apparaissent bien desservis alors que ceux d'El M'hamid, Sidi Ghanem et accessoirement Askjour le seraient moins. A Sidi Ghanem, le taux de desserte serait inférieur à 40% pour l'eau potable, il serait de 70% pour l'électricité et 50% au réseau d'assainissement liquide. Ménara disposerait d'en moyenne 8 Km de route par Km², de 36% de points lumineux et 33% des espaces verts de la ville. L'arrondissement souffre de l'hétérogénéité de son tissu urbain. Il y a 38% de terrains non construits. Dans certains endroits, les douars côtoient des logements de haut standing. L'habitat insalubre porte sur 32 douars avec 3 946 ménages soit 45% du total.

Le taux d'accès aux réseaux d'eau potable, d'électricité, d'assainissement liquide serait respectivement de 87%, 98% et 86%. Le taux d'analphabétisme serait de 26%, le taux de vulnérabilité 12%. Au quartier M'hamid le taux d'analphabétisme serait de 51% pour les femmes et 32 % pour les hommes. Dans certaines écoles il y aurait 40 élèves par classe à Azli, 45 à El M'hamid, 39 à Hay El Hassani. L'arrondissement est doté d'un hôpital, de 5 centres de santé et d'une maternité. Il y aurait 59 000 personnes par centre de santé soit le chiffre le plus élevé de la ville. Pour une population de 282 000 habitants, l'arrondissement disposerait d'une maison de jeunes à Hay Hassani, d'une maison du citoyen à El M'hamid, d'une bibliothèque de quartier et d'un cinéma. Les infrastructures sportives sont constituées d'un stade, d'un complexe sportif et de 3 piscines municipales.

Dans un exposé présenté par l'arrondissement plusieurs thèmes ont été traités : l'environnement ; la santé et la sécurité. Il a surtout été question de la décharge sauvage qui menace la santé publique, du risque d'inondation. Les propositions portent sur la réparation des canalisations du réseau d'assainissement liquide à M'hamid, la construction de nouveaux centres de santé dans les quartiers et douars. Le thème économie recense plusieurs actions à entreprendre comme l'achèvement, l'organisation et la viabilisation de marchés, la création de secteurs industriels. Il est aussi suggéré de viabiliser et d'équiper les infrastructures existantes et d'en construire d'autres. La voirie a besoin d'être entretenue et renforcée car elle ne l'a pas été depuis 10 ans.

Les résultats des travaux des commissions

Urbanisme et habitat insalubre : des solutions doivent être trouvées aux lotissements MaatAllah, Ennahda et El Masar. Il faudrait autoriser les constructions d'un deuxième étage, approvisionner les douars en eau et électricité, donner la possibilité d'autorisation de construire dans les douars restructurés…Animation socioculturelle et sportive : infrastructures, contenu de l'animation, niveau de l'encadrement, partenariat doivent être revus. Comme les maisons de la culture sont rares, pourquoi ne pas penser à louer des locaux ? Accès aux services de base, exclusion et vulnérabilité : renforcement du transport scolaire création d'un établissement d'enseignement technique, subventionner des cantines scolaires, campagnes de sensibilisation en direction des jeunes. Comme les postes de police sont rares, on propose l'organisation de patrouilles de sécurité devant les établissements d'enseignement, et dans les quartiers. Infrastructures et environnement : Dans certains quartiers le réseau est insuffisant ou inexistant, certains douars ne sont pas desservis en électricité,  vieillissement de l'éclairage public, l'absence de sécurité des installations. La chaussée est dégradée dans certains quartiers, la signalisation faible et certaines voies sont inachevées. Dans son état actuel, la décharge publique n'est pas à niveau et ne respecte pas suit pas suffisamment les problèmes et propositions du conseil d'arrondissement, absence de suivi des programmes contractuels, perceptions des services extérieurs et celles du conseil d'arrondissement éloignées les unes des autres, faiblesse des fonds mis à la disposition des arrondissements destinés à la subvention des associations, faiblesses des subventions, insuffisance du suivi des associations ayant bénéficié des subventions, faiblesse de la gouvernance dans l'organisation des rapports avec la société civile.

 

L'arrondissement Sidi Youssef Ben Ali (SYBA)

La rencontre a eu lieu le jeudi 26 août en présence d'une cinquantaine de personnes.

Présentation : SYBA dispose de 98 Km de chaussée soit 7,5%du total et une moyenne de 17,5 Km par Km², 7%  des points lumineux du total en 2009 et Oued Issil qui longe l'arrondissement et cause régulièrement des inondations. SYBA dispose de 15,7 ha d'espaces verts soit 1 m² par habitant. L'assainissement solide reste insuffisamment maîtrisé avec un tri désordonné et une décharge qui n'est pas à niveau. SYBA abrite 20 douars avec 1 921 ménages soit 15% du total. En matière de santé, SYBA dispose de 3 centres de santé et d'une maternité. Il y aurait 44 527 personnes par centre de santé. Dans le domaine de l'animation socioculturelle et sportive, SYBA n'est pas tellement bien pourvu avec une maison des jeunes, une bibliothèque. Pour le sport, c'est un petit peu mieux avec un complexe sportif et une piscine municipale.

Discussion : nécessité de préparer des plans d'aménagement,  de veiller à la cohérence des projets et équipement publics, il faut ajouter un premier étage dans le lotissement Tasoultant II, restructurer le tissu urbain ancien, résoudre le problème des logements localisés le long de l'Oued Issil et dans le quartier Chouhada ainsi que la restructuration des douars intégrés à l'arrondissement, réfection de la chaussée, élargissement de certaines voies, construction d'un pont piéton sur l'Oued Issil,  réhabilitation de souks, création d'un secteur industriel de niveau III dans le nouveau quartier pour les artisans qui sont éparpillés dans les secteurs résidentiels, création d'un complexe culturel à la place de la liberté, d'un club féminin, d'une maison des associations, … création d'un hôpital, de 2 centres de santé, celle d'un service des urgences et la création d'un centre de vie pour les personnes âgées. En matière de gouvernance, il est proposé d'appliquer les lois sur le partenariat, de faire participer la société civile aux projets de développement, d'offrir de bonnes conditions de travail aux fonctionnaires, de créer deux nouvelles annexes administratives et d'agrandir celles existantes.

 

L'arrondissement Médina

La rencontre avec l'Arrondissement Médina a lieu le vendredi 27 août en présence d'une soixantaine de personnes.

Présentation : La médina dispose de 116 Km de chaussée, soit 9,5% du total mais avec une moyenne de 18 Km par Km², moyenne la plus élevée et de 19% du total en 2009 points lumineux. Les financements publics ou des collectivités locales portant sur des projets prévus dans les documents d'urbanisme ont été peu mobilisés. La cohérence ancienne des fonctionnalités de l'espace urbain de la médina est en recul. Les constructions sont souvent fragiles, peu entretenues, la médina est surtout concernée par l'habitat menaçant ruine. La médina reste un foyer important d'analphabétisme avec 37,5% (23,6% pour les hommes et 44,8% pour les femmes.) Le taux de vulnérabilité est relativement élevé avec 18%. La médina dispose de plusieurs infrastructures culturelles et sportives qui en font un des arrondissements les mieux dotés de la ville

L'exposé de l'arrondissement a porté sur les infrastructures, l'urbanisme et l'habitat insalubre, l'animation socioculturelle et sportive et la gouvernance. Il faut harmoniser les caractéristiques techniques et la forme des infrastructures qui actuellement sont trop hétérogènes. Avec l'augmentation de la demande il faudrait renforcer la puissance de l'alimentation en électricité. Les moyens d'approvisionnement en eau et électricité doivent être adaptés aux conditions particulières de la médina. Il faudrait restructurer le réseau d'assainissement liquide. La collecte des ordures ménagères doit être repensée. Il faudrait réviser la façon dont on s'attaque aux problèmes des logements insalubres et des habitations menaçant ruine. Un effort plus important doit être fait pour la matérialisation d'une politique de proximité adaptée à la médina.

Discussion : la pertinence de certains chiffres cités est mise en doute, nécessité de collaborer avec les services extérieurs et avec les communes voisines de la ville pour favoriser un décollage régional. On devrait plus s'occuper des associations existantes dans la place Jmaâ el Fna (« hlayqiya ») et qui l'animent. La priorité devrait être accordée à la mise à niveau du réseau d'assainissement liquide, aux habitations menaçant ruine et à certains quartiers comme le Hay Essalam. Beaucoup ont insisté sur la nécessité de la sauvegarde de la médina, sur l'attention qui doit être accordée à Jmaâ El Fna qu'il faut restructurer. Il faudrait donner encore plus d'importance au patrimoine immatériel et entreprendre la restauration du patrimoine architectural.

 

Conclusion

Ces rencontres se sont révélées fructueuses. D'une part, les élus comme la société civile et les services extérieurs ont pu librement s'exprimer participant ainsi en plus grand nombre au PCD de la ville tout en mettant en évidence les spécificités de chacun des arrondissements. Ces rencontres ont confirmé les disparités existant entre les arrondissements mises en évidence dans l'état des lieux, précisées et enrichies lors des ateliers thématiques des 7 et 8 juillet. Ces rencontres ont surtout permis de souligner les disparités qui existent entre quartiers dans un même arrondissement. Le tableau ci-dessous donne un aperçu de disparités existantes entre arrondissement à travers certains indicateurs comme la population, la superficie, l'analphabétisme, le développement humain, le taux de scolarisation et l'importance de la population habitant dans des douars.

Tableau 8 : Quelques indicateurs concernant les arrondissements

Arrondissement
Annakhil
Guéliz
Médina
Ménara
SYBA
Ensemble
Superficies
Totale (ha)
7 478
227
570
6 060
690
15 025
% construit
53%
70%
56%
38%
65%
48%
Population
54 111
173 101
167 223
281 663
124 935
801 033
Ménages
Total
10 968
37 030
35 929
57 403
23 776
165 106
Moyenne
4,9
4,7
4,7
4,9
5,3
4,9
Densité/ha
7
763
293
46
181
53
Analphabétisme
Total
47%
22,50%
37,50%
26%
22,50%
30%
Hommes
38%
13,80%
23,60%
16%
13,80%
20%
Femmes
58%
30,40%
44,80%
35%
30,40%
39,4
Développement humain
Vulnérabilité
22%
6,35%
18%
12%
6,35%
14%
IDH
0,6
0,75
0,65
0,7
0,75
 
Scolarisation
6 à 11 ans
70%
98%
99%
94%
84%
 
12 à 14 ans
56%
84%
83%
84%
86%
Habitat insalubre
Douars
46
20
6
32
20
124
Ménages
2 955
1 291
1 698
3 946
1 921
11 811

Source : les chiffres précédents proviennent des présentations faites par les membres du CT au cours des rencontres à l'exception du chiffre concernant l'habitat insalubre qui provient du rapport sur l'habitat insalubre.

Ces rencontres avec les arrondissements confirment ainsi que l'une des problématiques majeures de la ville réside dans les disparités parfois importantes existant entre arrondissement et quartiers.

 

 

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